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<channel><title><![CDATA[Foundation Hope Ayiti - Blog]]></title><link><![CDATA[https://www.fondationespoirayiti.org/blog2]]></link><description><![CDATA[Blog]]></description><pubDate>Tue, 09 Dec 2025 15:01:48 -0800</pubDate><generator>Weebly</generator><item><title><![CDATA[QUELLES VOIX HAÏTIENNES SE FONT ENTENDRE ?]]></title><link><![CDATA[https://www.fondationespoirayiti.org/blog2/quelles-voix-haitiennes-se-font-entendre]]></link><comments><![CDATA[https://www.fondationespoirayiti.org/blog2/quelles-voix-haitiennes-se-font-entendre#comments]]></comments><pubDate>Sun, 24 Sep 2023 18:51:56 GMT</pubDate><category><![CDATA[Uncategorized]]></category><guid isPermaLink="false">https://www.fondationespoirayiti.org/blog2/quelles-voix-haitiennes-se-font-entendre</guid><description><![CDATA[QUELLES VOIX HA&Iuml;TIENNES SE FONT ENTENDRE ?Par Jessica Hsu(&eacute;crit fin octobre/d&eacute;but novembre 2022)Pourquoi ne pouvons-nous pas ignorer les appels pour yonti souf (un moment pour respirer) ?&#8203;De mon point de vue, il est facile de plaider contre une autre intervention militaire. Cela ressemble &agrave; beaucoup de mes coll&egrave;gues et amis en Ha&iuml;ti et &agrave; l'&eacute;tranger qui sont des activistes, des intellectuels, des professionnels et autres. Il y a tellement  [...] ]]></description><content:encoded><![CDATA[<div class="paragraph">QUELLES VOIX HA&Iuml;TIENNES SE FONT ENTENDRE ?<br />Par Jessica Hsu<br />(&eacute;crit fin octobre/d&eacute;but novembre 2022)<br /><br /><u>Pourquoi ne pouvons-nous pas ignorer les appels pour yonti souf (un moment pour respirer) ?</u><br /><br />&#8203;De mon point de vue, il est facile de plaider contre une autre intervention militaire. Cela ressemble &agrave; beaucoup de mes coll&egrave;gues et amis en Ha&iuml;ti et &agrave; l'&eacute;tranger qui sont des activistes, des intellectuels, des professionnels et autres. Il y a tellement de raisons l&eacute;gitimes de s&rsquo;opposer &agrave; une intervention militaire, surtout si elle vise &agrave; soutenir l&rsquo;actuel Premier ministre par int&eacute;rim, Ariel Henry, arriv&eacute; au pouvoir apr&egrave;s l&rsquo;assassinat du pr&eacute;sident Jovenel Moise en juillet dernier.<br />&nbsp;<br />La demande d&rsquo;assistance militaire d&rsquo;Henry est arriv&eacute;e d&eacute;but octobre. C'&eacute;tait quelques jours seulement apr&egrave;s que le chancelier ha&iuml;tien Jean Victor G&eacute;n&eacute;us a d&eacute;clar&eacute; devant le Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l'ONU que &laquo;&nbsp;la situation est g&eacute;n&eacute;ralement sous contr&ocirc;le&nbsp;&raquo;, provoquant de vives r&eacute;actions en Ha&iuml;ti et des m&egrave;mes sur tous les r&eacute;seaux sociaux refl&eacute;tant le d&eacute;calage choquant de sa d&eacute;claration avec la r&eacute;alit&eacute;. Ce n&rsquo;est pas la premi&egrave;re fois que ce d&eacute;calage appara&icirc;t clairement entre le gouvernement int&eacute;rimaire actuel et les r&eacute;alit&eacute;s du pays ou, d&rsquo;ailleurs, de nombreux gouvernements pr&eacute;c&eacute;dents.<br />&nbsp;<br />Malgr&eacute; ces r&eacute;alit&eacute;s, les &Eacute;tats-Unis ont r&eacute;agi en proposant deux r&eacute;solutions au Conseil de s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;ONU. Le premier pour des sanctions et le second pour une force militaire qui ne serait pas dirig&eacute;e mais soutenue par les &Eacute;tats-Unis. Sans surprise, le secteur priv&eacute; est largement favorable &agrave; une intervention parce que les groupes arm&eacute;s et le manque de gaz ont rendu la t&acirc;che presque impossible aux entreprises. Pour fonctionner.<br />&nbsp;<br />Au cours des derni&egrave;res semaines, ce qui m&rsquo;a amen&eacute; &agrave; remettre en question ma position, ce sont les conversations avec d&rsquo;autres amis et coll&egrave;gues que j&rsquo;aurais consid&eacute;r&eacute;s comme des partisans improbables d&rsquo;une intervention.<br />Les plus inattendus sont ceux qui vivent dans certains des quartiers populaires qui seraient les plus durement touch&eacute;s par une autre intervention o&ugrave; des groupes arm&eacute;s sont bas&eacute;s et s'affrontent &eacute;galement. D'autres se trouvent &agrave; Andeyo (en dehors de Port-au-Prince, en dehors des villes), des endroits qui ne se sont pas remis de l'ouragan de 2016 ni des r&eacute;cents tremblements de terre et qui ont du mal &agrave; reconstituer leur quotidien en raison des blocages des principales routes. vers les provinces, pour &ecirc;tre encore exacerb&eacute;e par le blocage du gaz au terminal de Varreux, qui dure maintenant depuis plus de sept semaines.<br />&nbsp;<br />Beaucoup d&rsquo;entre eux vivent dans les quartiers qui seraient les plus durement touch&eacute;s par une autre intervention. Ils se trouvent dans certains quartiers populaires o&ugrave; les affrontements entre groupes arm&eacute;s ont &eacute;t&eacute; intenses et continus et o&ugrave; les gens esp&egrave;rent un yonti souf (un moment pour respirer).<br />&nbsp;<br />Un leader communautaire m'a dit : &laquo; J'ai v&eacute;cu &agrave; Cit&eacute; Soleil pendant les interventions de la MINUSTAH en 2004/2004, au cours desquelles de nombreuses personnes ont perdu la vie. Honn&ecirc;tement, j&rsquo;aimerais quand m&ecirc;me voir une autre intervention maintenant &raquo;. Il a poursuivi en disant : &laquo; Quand nous pouvions nous d&eacute;placer, au moins je pouvais charger ou d&eacute;charger des marchandises et pouvoir acheter de la nourriture pour mon fils, m&ecirc;me s'il y avait des balles qui volaient. &Agrave; l&rsquo;heure actuelle, m&ecirc;me boire de l&rsquo;eau est extr&ecirc;mement difficile.<br />&nbsp;<br />Il a continu&eacute; &agrave; me dire que beaucoup des enfants avec qui il jouait au football ont maintenant de gros fusils ou sont morts. &laquo; Ils ne voulaient pas souffrir autant que je suis capable de le faire &raquo;, dit-il.<br />&nbsp;<br />Il existe de nombreuses raisons l&eacute;gitimes de s&rsquo;opposer &agrave; une intervention militaire en Ha&iuml;ti. Malgr&eacute; ces r&eacute;alit&eacute;s pass&eacute;es, ce que nous n&rsquo;entendons pas, ce sont les voix de cette m&ecirc;me population vivant dans les quartiers populaires et dans les lieux andeyo (en dehors de Port-au-Prince et des villes). Il n&rsquo;est tout simplement pas vrai que tous les Ha&iuml;tiens soient totalement oppos&eacute;s &agrave; une intervention. Oui, nous entendons la demande du gouvernement int&eacute;rimaire, des membres du secteur priv&eacute; en soutien, des militants, des professionnels, des intellectuels et des manifestants contre l'intervention, mais nous n'entendons pas les nombreuses voix qui r&eacute;clament une intervention militaire imm&eacute;diate, qui ont besoin de yonti souf (un moment pour respirer - une pause).<br />&nbsp;<br />&nbsp;<br />Pour nous, ignorer et faire taire ces appels revient &agrave; perp&eacute;tuer des sch&eacute;mas paternalistes selon lesquels &laquo; nous savons ce qui est le mieux pour eux &raquo;. Au lieu de cela, nous devons nous demander pourquoi et travailler pour comprendre comment soutenir ces demandes de mani&egrave;re &agrave; r&eacute;pondre &agrave; l&rsquo;urgence du moment et &agrave; aller de l&rsquo;avant.<br />&nbsp;<br />En ce moment, comme ce qui l&rsquo;a pr&eacute;c&eacute;d&eacute;, ces m&ecirc;mes personnes qui souhaitent intervenir ne voient aucun espoir dans l&rsquo;&Eacute;tat ni dans aucun processus propos&eacute;. Personne n'est vu dans la rue pour soutenir quoi que ce soit.<br />processus propos&eacute;, accord ou transition de l&rsquo;&Eacute;tat. Bien que certaines initiatives aient &eacute;t&eacute; durement gagn&eacute;es gr&acirc;ce &agrave; un consensus plus large d&rsquo;acteurs politiquement concern&eacute;s, il est clair qu&rsquo;elles n&rsquo;ont pas de racines dans Pepla ou dans le peuple, plus particuli&egrave;rement dans la majorit&eacute; marginalis&eacute;e.<br />&nbsp;<br />Lorsque j&rsquo;ai interrog&eacute; des amis de diff&eacute;rentes communaut&eacute;s rurales et quartiers populaires sur ces processus, beaucoup ont ri en disant que c&rsquo;&eacute;tait le statu quo. D&rsquo;autres ont reconnu les efforts r&eacute;els d&eacute;ploy&eacute;s, mais ne voient toujours pas quel impact cela aura sur leur avenir. Il ne les a pas inclus. Il ne les a pas invit&eacute;s &agrave; la table. Leurs luttes quotidiennes restent m&eacute;connues. Pour eux, il n&rsquo;y a toujours aucun signe qu&rsquo;il existe un v&eacute;ritable projet social ou national, mais toujours la m&ecirc;me politique quotidienne qui n&rsquo;inclut pas leurs int&eacute;r&ecirc;ts.<br />&nbsp;<br /><strong><u>L'exp&eacute;rience De L'intervention Militaire</u></strong><br />Pendant l'occupation am&eacute;ricaine de 1915 &agrave; 1934, les Marines ont cibl&eacute; la paysannerie qui r&eacute;sistait &agrave; l'occupation, tuant Charlemagne Peralt et de nombreux autres Cacos. En 2004/2005, la MINUSTAH a cibl&eacute; les dirigeants des groupes arm&eacute;s &agrave; Cit&eacute; Soleil, ainsi que les m&egrave;res et les enfants vivant dans ces m&ecirc;mes quartiers stigmatis&eacute;s et criminalis&eacute;s. Entre 2014 et 2017, la MINUSTAH a introduit le chol&eacute;ra, tuant ceux qui n&rsquo;avaient pas r&eacute;guli&egrave;rement acc&egrave;s &agrave; l&rsquo;eau potable ou aux soins de sant&eacute;, en plus d&rsquo;innombrables cas d&rsquo;abus sexuels. Il s&rsquo;agit de la m&ecirc;me population qu&rsquo;une invention militaire d&rsquo;aujourd&rsquo;hui affecterait le plus et pourrait &agrave; nouveau nuire.<br />&nbsp;<br />L&rsquo;exp&eacute;rience de l&rsquo;intervention militaire diff&egrave;re entre les pauvres des zones urbaines et la paysannerie rurale, mais elles sont intimement li&eacute;es. Ce sont les m&ecirc;mes dont les familles avaient sur leurs actes de naissance la mention paysannes et devaient obtenir une autorisation pour entrer dans les villes. Ce sont ces m&ecirc;mes populations qui sont les plus impact&eacute;es par l&rsquo;hyper centralisation et l&rsquo;abandon de l&rsquo;&Eacute;tat. La plupart des habitants des campagnes ont des membres de leur famille &agrave; Port-au-Prince et m&ecirc;me si cette p&eacute;riode n'est pas caract&eacute;ris&eacute;e par la violence physique cr&eacute;&eacute;e par les groupes arm&eacute;s en milieu rural, la lutte est plus que r&eacute;elle pour acc&eacute;der &agrave; l'eau, &agrave; la nourriture et &agrave; d'autres produits de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;. L&rsquo;impossibilit&eacute; d&rsquo;acc&eacute;der &agrave; l&rsquo;eau potable a contribu&eacute; &agrave; la r&eacute;apparition du chol&eacute;ra. Ce qui est disponible a grimp&eacute; de 3 &agrave; 4 fois, parall&egrave;lement &agrave; une baisse des revenus pour la plupart des familles en raison de la circulation tr&egrave;s limit&eacute;e des voitures, des camions et des motos en raison du manque de gaz en circulation.<br />&nbsp;<br />Dans certaines parties du d&eacute;partement de Grand Anse o&ugrave; j'ai v&eacute;cu pendant de nombreuses ann&eacute;es, l'un des noms donn&eacute;s aux esp&egrave;ces envahissantes de poisson-lion &eacute;tait MINUSTAH. Quand j'ai demand&eacute; aux p&ecirc;cheurs pourquoi ce nom, quelques-uns ont ri avant leur explication en disant : &laquo; li gen anpil koule, epi li f&egrave; anpil dezod &raquo;, traduit pour signifier qu'ils ont de nombreuses couleurs (indiquant la diversit&eacute; de la mission) et qu'ils cr&eacute;ent beaucoup de probl&egrave;mes. .&raquo; Presque tout le monde se souvient des blagues sur le groupe de soldats de la MINUSTAH qui ont &eacute;t&eacute; surpris en train de voler des ch&egrave;vres et qui ont r&eacute;pondu qu'en r&eacute;alit&eacute;, ils ne volaient pas des ch&egrave;vres, mais qu'ils les mangeaient. Dans les campagnes, les soldats de la MINUSTAH &eacute;taient fr&eacute;quemment qualifi&eacute;s de touristes, aper&ccedil;us sur les plages locales le week-end.<br />J'ai pris l'habitude de demander &agrave; mes amis r&eacute;sidant tant dans les quartiers populaires que dans les r&eacute;gions rurales leur point de vue sur une intervention militaire sur le territoire ha&iuml;tien depuis que le gouvernement de facto a demand&eacute; un soutien militaire d&eacute;but octobre.<br />&nbsp;<br />Ce sentiment a &eacute;t&eacute; r&eacute;p&eacute;t&eacute; par d'autres dirigeants et membres de la communaut&eacute; de Cit&eacute; Soleil &agrave; Martissant. Cela m'a &eacute;galement &eacute;t&eacute; racont&eacute; par tant de personnes qui tentent de man&oelig;uvrer et de survivre dans les quartiers populaires et dans les espaces andeyo. Cela est r&eacute;p&eacute;t&eacute; par les chauffeurs de moto, les travailleurs domestiques, les ouvriers d'usine, les entra&icirc;neurs de football, les dirigeants communautaires, les enseignants, les agriculteurs, les ch&ocirc;meurs et bien d'autres qui degaje (bousculent) chaque jour. Quelques amis ont estim&eacute; le pourcentage de ceux qui soutiennent l&rsquo;intervention &agrave; environ 60 % de la population, d&rsquo;autres l&rsquo;estiment beaucoup plus. Bien qu&rsquo;une estimation r&eacute;elle soit difficile, il est clair que les chiffres sont significatifs. Ce qui est plus important que les chiffres, c'est la place que ces voix occupent dans la soci&eacute;t&eacute; ha&iuml;tienne.<br />&nbsp;<br />&laquo; Une autre intervention militaire serait un d&eacute;shonneur pour l'h&eacute;ritage de Dessaline (un leader r&eacute;volutionnaire qui a vaincu et expuls&eacute; les Fran&ccedil;ais du territoire), a cit&eacute; un autre leader communautaire, &laquo; mais parmi les personnes &acirc;g&eacute;es des quartiers comme Martissant ou Cit&eacute; Soleil qui ressentent cela en leurs os, une intervention les aiderait vraiment &raquo;, a-t-il poursuivi.<br />&nbsp;<br />&laquo; Il y a la v&eacute;rit&eacute; et la r&eacute;alit&eacute; en ce moment &raquo;, d&eacute;clare un autre leader communautaire de Cit&eacute; Soleil. &laquo; La v&eacute;rit&eacute;, de mon point de vue, c'est que nous ne voulons pas vraiment d'intervention, mais la r&eacute;alit&eacute; est que la Police nationale ha&iuml;tienne (PNH), la police ha&iuml;tienne, L'&Eacute;tat n'a pas vraiment la volont&eacute; politique ni la capacit&eacute; de r&eacute;soudre la situation actuelle.<br />&nbsp;<br />Les nombreuses personnes &agrave; qui j&rsquo;ai parl&eacute; la semaine derni&egrave;re sont favorables &agrave; une intervention, mais &agrave; un type d&rsquo;intervention diff&eacute;rent du pass&eacute;. Celui qui ne tue pas sans discernement et n&rsquo;agit pas sous l&rsquo;influence d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;trangers. Mais ils conviennent qu&rsquo;une aide ext&eacute;rieure est n&eacute;cessaire. D'autres ont parl&eacute; de missions men&eacute;es par la Police Nationale d'Ha&iuml;ti (PNH), et d'accompagnement o&ugrave; la PNH est &eacute;troitement surveill&eacute;e, car on sait que certains ont des liens directs avec les diff&eacute;rents gangs. L&rsquo;ironie de la PNH est qu&rsquo;elle est aussi une institution cr&eacute;&eacute;e et form&eacute;e par les &Eacute;tats-Unis.<br />&nbsp;<br />Cela contraste avec mes autres amis et coll&egrave;gues qui sont soit des coll&egrave;gues &eacute;trangers, soit des militants bas&eacute;s en Ha&iuml;ti, des professionnels et des intellectuels. Cela contraste avec ma propre r&eacute;action instinctive contre une intervention lorsque j&rsquo;ai entendu pour la premi&egrave;re fois que cela &eacute;tait &agrave; nouveau une possibilit&eacute; en Ha&iuml;ti.<br />&nbsp;<br />Ceux qui m'ont parl&eacute; et qui vivent encore &agrave; Cit&eacute; Soleil sont r&eacute;duits au silence. Certains ont &eacute;t&eacute; tu&eacute;s par des groupes arm&eacute;s parce qu&rsquo;ils avaient exprim&eacute; leur soutien &agrave; l&rsquo;intervention. Une situation si dangereuse et si tendue que nous prot&eacute;geons les noms de ceux qui souhaitent s&rsquo;exprimer. Lorsque j'ai demand&eacute; aux habitants de Cit&eacute; Soleil pourquoi ils soutenaient une intervention, ils ont r&eacute;pondu que c'&eacute;tait parce que les gangs eux-m&ecirc;mes reconnaissaient qu'une intervention signifierait leur fin.<br />&nbsp;<br />Pour d&rsquo;autres en dehors de Port-au-Prince, comme ce jeune professeur d&rsquo;&eacute;cole du Plateau Central, &laquo; je n&rsquo;ai aucun probl&egrave;me avec [une intervention]. Au contraire, nous avons besoin d&rsquo;une v&eacute;ritable paix dans le pays. Nous devons mettre un terme &agrave; tous les actes de banditisme et d&rsquo;enl&egrave;vements dans le pays &raquo;, mais ajoute-t-il, &laquo; ce n&rsquo;est pas le seul probl&egrave;me du pays. Notre plus gros probl&egrave;me a toujours &eacute;t&eacute; nos dirigeants.<br />&nbsp;<br />Un autre jeune agronome au ch&ocirc;mage de la Grand Anse partage le m&ecirc;me sentiment, mais ajoute : &laquo; ce dont nous avons besoin, c&rsquo;est que chaque Ha&iuml;tien prenne conscience et reprenne la force de notre collectivit&eacute; &raquo;. Il note que la situation est devenue intenable et que sa famille se bat vraiment pour survivre en ce moment.<br />&nbsp;<br /><u>Perception De l'&Eacute;tat Ha&iuml;tien</u><br />Ce n&rsquo;est pas que mes amis et d&rsquo;autres ne connaissent pas l&rsquo;histoire et les impacts des interventions militaires pass&eacute;es. Certains diront qu&rsquo;ils ont eu de la chance d&rsquo;avoir surv&eacute;cu. Ce sont aussi eux qui disent fr&eacute;quemment lors de la sieste d'adieu we demen (&agrave; demain) suivi d'un si colorant vle (si Dieu le veut) comme s'il &eacute;tait reconnu que leur destin &eacute;tait en grande partie hors de leur contr&ocirc;le. Ils sont pleinement conscients qu&rsquo;ils vivent dans un syst&egrave;me et une soci&eacute;t&eacute; qui ne se soucient pas de savoir s&rsquo;ils vivent ou s&rsquo;ils meurent. Ce que beaucoup pensent, c&rsquo;est qu&rsquo;une force &eacute;trang&egrave;re pourrait &ecirc;tre &laquo; plus gentille &raquo; et plus respectueuse de leur vie que les institutions locales telles que la police et l&rsquo;&Eacute;tat en g&eacute;n&eacute;ral. &Agrave; l&rsquo;heure actuelle, il ne semble y avoir pas de meilleure option que l&rsquo;intervention d&rsquo;une force ext&eacute;rieure sur le territoire de Dessaline pour les soulager de leur situation critique actuelle.<br />&nbsp;<br />&Agrave; la suite de l'ouragan Matthew en 2016, une &eacute;tude dirig&eacute;e par le Dr Mark Schuller a interrog&eacute; diff&eacute;rentes communaut&eacute;s en dehors de Port-au-Prince leurs perceptions de leur &Eacute;tat et des ONG. Il leur a &eacute;t&eacute; demand&eacute; de noter sur une &eacute;chelle de z&eacute;ro &agrave; 10, z&eacute;ro &eacute;tant le score le plus bas et 10 le score le plus &eacute;lev&eacute;. Les notes de l'&Eacute;tat &eacute;taient nettement inf&eacute;rieures &agrave; celles des ONG. M&ecirc;me si les gens &eacute;taient tr&egrave;s critiques &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des ONG, notamment internationales. Leur raisonnement ? &laquo; Leta Absan &raquo;, ou l'&Eacute;tat est absent.<br />&nbsp;<br />Cela a &eacute;t&eacute; repris par des amis des quartiers populaires et des zones rurales. Il a &eacute;galement &eacute;t&eacute; largement &eacute;voqu&eacute; dans des livres tels que le livre de Chelsea Kivland &laquo; Street Sovereigns: young men and the state in urban Haiti &raquo;. Son livre propose une analyse diff&eacute;rente des baz (bases) du quartier de Bel Air. Il d&eacute;taille en profondeur la mani&egrave;re dont les r&eacute;sidents ont d&ucirc; n&eacute;gocier ces espaces o&ugrave; l'&Eacute;tat n'est pas pr&eacute;sent afin d'acc&eacute;der aux ressources et aux moyens de subsistance pour leurs communaut&eacute;s et pour eux-m&ecirc;mes. Beaucoup d&rsquo;autres ont &eacute;crit des r&eacute;cits historiques comme celui de Michel Rolph-Trouillot, &laquo; &Eacute;tat contre nation &raquo; ou &laquo; R&eacute;publique pr&eacute;datrice &raquo; de Robert Fatton.<br />&nbsp;<br />Bien qu&rsquo;il y ait eu un peu plus de confiance dans les autorit&eacute;s locales, celle-ci semble &eacute;galement en d&eacute;clin, comme en t&eacute;moignent de nombreux endroits apr&egrave;s l&rsquo;ouragan Matthew. Alors que nous avons assist&eacute; &agrave; l&rsquo;acheminement d&rsquo;une &laquo; aide &raquo; dans les zones touch&eacute;es par l&rsquo;ouragan par des candidats pr&eacute;sidentiels concurrents avec des messages de campagne, les maires et autres responsables locaux ont fr&eacute;quemment achemin&eacute; l&rsquo;aide destin&eacute;e &agrave; ceux qui en avaient le plus besoin vers les membres de leur famille, leurs amis et les personnes qui soutiennent leur pouvoir politique.<br />&nbsp;<br /><u>Centrer La Population Pauvre En Ha&iuml;ti</u><br />Ce lundi marque sept semaines o&ugrave; le pays n'a pas b&eacute;n&eacute;fici&eacute; d'une bonne distribution de gaz depuis le Terminal de Varreux. Le principal terminal de r&eacute;ception et de distribution de gaz a &eacute;t&eacute; bloqu&eacute; par le G9 dirig&eacute; par Jimmy &laquo; Barbecue &raquo; Cherizier. Le gaz propulse la production mais aussi l&rsquo;&eacute;coulement des produits de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute; comme l&rsquo;eau potable (et l&rsquo;eau en g&eacute;n&eacute;ral), la nourriture, le propane, etc. Les batailles du G-9 et du G-pep font rage un peu partout &agrave; Port-au-Prince.<br />&nbsp;<br />D'o&ugrave; je suis assis, je sais que je ne peux pas simplement ignorer mes amis et leurs communaut&eacute;s qui demandent du yonti souf. Beaucoup de ces voix doivent &ecirc;tre au c&oelig;ur des conversations, non seulement maintenant, mais aussi &agrave; l&rsquo;avenir. Ce sont les personnes qui seraient les plus touch&eacute;es et, par cons&eacute;quent, celles qui devraient &ecirc;tre consult&eacute;es et prioritaires dans la prise de d&eacute;cision non seulement sur le moment pr&eacute;sent, mais aussi sur leur avenir.<br />&nbsp;<br />Ils veulent &ecirc;tre reconnus et inclus. Ils veulent vivre, pas seulement survivre. Comme tout le monde, ils ont des r&ecirc;ves. Ils veulent avoir le sentiment que l&rsquo;implication dans la politique n&rsquo;est pas seulement une cons&eacute;quence de la corruption et d&rsquo;un acte criminel. Que les groupes arm&eacute;s de leurs quartiers ne deviennent pas plus actifs &agrave; l&rsquo;approche des &eacute;lections. J'ai entendu tellement de fois &laquo; m pa nan bagay politik &raquo; ou je ne suis pas impliqu&eacute; dans cette histoire politique. Ils veulent que ceux qui s'occupent de l'&Eacute;tat reconnaissent ces luttes quotidiennes qui font esp&eacute;rer qu'un v&eacute;ritable projet social inclusif commence.<br />&nbsp;<br />La r&eacute;sistance a &eacute;t&eacute; une question de survie pour de nombreux Ha&iuml;tiens. La r&eacute;sistance signifie que m&ecirc;me lorsqu&rsquo;ils ont faim, on repasse leurs chemises et on s&rsquo;assoit avec le sourire pour que personne ne sache qu&rsquo;ils luttent. Ces derniers jours, j'ai &eacute;galement demand&eacute; &agrave; des amis quand ils avaient pris leur dernier repas. Presque &agrave; chaque fois, il y a un petit rire suivi d'un &laquo; ou konnen kijan bagay yo ye, Tika (le surnom que m'ont donn&eacute; de nombreux amis) &raquo; ou &laquo; tu sais comment &ccedil;a se passe &raquo;.<br />&nbsp;<br />Un ami que je connais depuis 20 ans me dit : &laquo; M pral peri, men mwen vreman kontan tande vwa w &raquo;. (Je vais p&eacute;rir, mais je suis tr&egrave;s heureux d'entendre ta voix).<br />&nbsp;<br />Pour mes amis et tant d&rsquo;autres, je suis d&eacute;chir&eacute; quant &agrave; ma position sur l&rsquo;intervention. Ce que je sais, c&rsquo;est que beaucoup de mes amis qui font partie de la majorit&eacute; marginalis&eacute;e sont tellement d&eacute;pass&eacute;s et ne voient aucune autre option propos&eacute;e. Nous ne pouvons pas simplement dire non &agrave; toute intervention sans prendre en consid&eacute;ration la gravit&eacute; de l&rsquo;imm&eacute;diat que tant de personnes mettent en lumi&egrave;re. Il doit y avoir une autre option si nous voulons dire qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;intervention.<br />&nbsp;<br />S&rsquo;il existe une solution ha&iuml;tienne &agrave; l&rsquo;heure actuelle, quels Ha&iuml;tiens la proposeraient ? M&ecirc;me si les Ha&iuml;tiens &eacute;taient autoris&eacute;s &agrave; d&eacute;cider d&egrave;s maintenant, Ha&iuml;ti ne serait pas souverain. Ses institutions continuent d&rsquo;&ecirc;tre impr&eacute;gn&eacute;es des vestiges de la colonisation fran&ccedil;aise et de l&rsquo;imp&eacute;rialisme am&eacute;ricain. Les cicatrices et les nouvelles blessures caus&eacute;es par les interventions &laquo; pacifiques &raquo; quotidiennes continuent de marquer le paysage ha&iuml;tien.<br />&nbsp;<br />La f&eacute;ministe et sociologue ha&iuml;tienne Sabine Lamour parle du &laquo; paradigme de 1915 &raquo; selon lequel chaque politique am&eacute;ricaine qui perdure jusqu&rsquo;&agrave; aujourd&rsquo;hui est n&eacute;e de l&rsquo;occupation de 1915. C&rsquo;&eacute;tait une &eacute;poque o&ugrave; les &Eacute;tats-Unis, sur leur propre territoire, avaient encore les lois Jim Crow. Ces politiques doivent changer. Nous devons soutenir la d&eacute;colonisation d&rsquo;Ha&iuml;ti et, comme les &Eacute;tats-Unis, examiner l&rsquo;impact de notre propre racisme sur Ha&iuml;ti ; la premi&egrave;re R&eacute;publique noire.<br />&nbsp;<br />Bien qu&rsquo;il n&rsquo;y ait actuellement aucune menace de violence physique de la part des groupes arm&eacute;s dans les zones rurales, nombre de mes amis et de leurs voisins qui ne se sont pas encore remis de l&rsquo;ouragan Matthew et des r&eacute;cents tremblements de terre, j&rsquo;esp&egrave;re que la vie deviendra moins pr&eacute;caire.<br />&nbsp;<br />Pour ceux qui vivent dans les quartiers populaires, je me souviens de la tr&ecirc;ve entre les groupes arm&eacute;s de quartier vers 2016/2017, o&ugrave; il y avait un accord selon lequel la violence n&rsquo;aurait pas lieu dans les 34 quartiers de Cit&eacute; Soleil. C'&eacute;tait l'une des zones les plus s&ucirc;res de Port-au-Prince &agrave; l'&eacute;poque. J'ai dormi quelques nuits &agrave; Cit&eacute; Soleil pendant que d'autres &eacute;trangers vivaient dans les diff&eacute;rents quartiers. Je me souviens d'avoir roul&eacute; en moto pour aider &agrave; coordonner les activit&eacute;s avec Konbit Bibliyot&egrave;k Site Soley (Collectif des biblioth&egrave;ques de Cit&eacute; Soleil), comme le concert au lyc&eacute;e de Cit&eacute; Soleil accueillant des artistes comme Mikaben qui vient tragiquement de d&eacute;c&eacute;der, Princesse Eud, BIC, DJ Gardy Girault. aux c&ocirc;t&eacute;s des artistes locaux de Cit&eacute; Soleil devant des milliers de personnes. Mes amis n'&eacute;taient pas coinc&eacute;s dans leurs blocs, mais pouvaient se d&eacute;placer. Les gens avaient espoir. Ils construisaient un mouvement populaire pour le changement et mes amis et tant d&rsquo;autres semblaient alors plus l&eacute;gers, un fardeau avait &eacute;t&eacute; all&eacute;g&eacute;. Les balles &eacute;chapp&eacute;es et les combats violents ne marquaient plus leurs corps au quotidien. Je leur souhaite &agrave; nouveau cela et cela continue dans leur avenir.<br />&nbsp;<br /><font size="1">1 Je suis actuellement dans l&rsquo;appartement de ma famille &agrave; Manhattan, en train d&rsquo;attendre la fin du blocage de gaz pour pouvoir retourner dans mon appartement &agrave; Port-au-Prince o&ugrave; je vis depuis sept ans et o&ugrave; je travaille comme anthropologue et activiste solidaire. Pendant pr&egrave;s de 14 ans auparavant, je vivais puis je voyageais r&eacute;guli&egrave;rement dans le village rural d'Abricots, situ&eacute; &agrave; l'extr&ecirc;me sud-ouest, &agrave; seulement environ 185 miles de Port-au-Prince, mais loin de la politique de la grande ville.<br />&nbsp;<br />J'ai travaill&eacute; en &eacute;troite collaboration avec diff&eacute;rents mouvements communautaires pour la paix et le d&eacute;veloppement dans diff&eacute;rents quartiers populaires (bidonvilles), avec des dirigeants et des membres communautaires contre un projet touristique pilot&eacute; par l'&Eacute;tat &agrave; l'&Icirc;le-&agrave;-Vache qui mena&ccedil;ait de d&eacute;placer de nombreuses personnes, &agrave; Abricots o&ugrave; avec la communaut&eacute; dirigeants et membres, nous r&eacute;digeons et diffusons collectivement un &laquo;&nbsp;Guide communautaire de l'aide humanitaire&nbsp;&raquo;, les questions de localisation de l'aide et avec les migrants qui sont expuls&eacute;s vers Ha&iuml;ti depuis la fronti&egrave;re entre les &Eacute;tats-Unis et le Mexique, entre autres choses.</font><br />&nbsp;<br />&nbsp;<br /><br /></div>]]></content:encoded></item></channel></rss>